Cette semaine, deux nouvelles volontaires sont arrivées au Cap pour un mandat de trois mois. Je me revoyais, il y a deux ans, et je me remémorais ma première sortie au market. L’un des arrêts incontournables à l’arrivée au Cap est d’aller acheter ce qu’il faut pour le déjeuner du lendemain. Il s’agit d’un passage obligé dès la sortie de l’aéroport.

D’abord au Léa Marquet où, panier au bout du bras, j’arpente les allées. J’arrête devant des boîtes de céréales — au moins un élément qui m’est familier —, j’en prends une boîte, même si je n’en mange pas à la maison. Je cherche ce que je connais. Qui dit céréales, dit lait. Je cherche donc à localiser le réfrigérateur… pas de lait.

(À Paul-André) Je voudrais du lait.
– Tu vas trouver le lait sur les tablettes, et si tu veux des œufs tu vas un peu plus loin. Les œufs sont aussi sur les tablettes.
– Ah! Sont-ils encore bons?
– Oui. Oui. Personne n’est mort à ce que je sache, du moins pas encore.
– Et le pain?
– Attends, on va aller au Croissant d’or. Prends pas de mamba ici, celui de Thélémaque est le meilleur.
C’est qui Thélémaque?
(À Paul-André) C’est quoi du membra?
– Non du mamba. C’est fait avec des pistaches, c’est la même chose que le beurre d’arachide ou si tu préfères des peanuts. Ici ils appellent pistaches ce qui est en fin de compte sont des arachides.
J’espère que quelqu’un a avisé les personnes allergiques.

Je mets dans mon panier des boîtes de jus de mangues, des yogourts (toujours tablettes) et bien d’autres produits qu’en fin de compte je n’ai jamais utilisés. Je passe à la caisse.

– La caissière me demande « En dollar ou en gourde? »

– « En gourdes. » je réponds rapidement. Mon Dieu… 1950 gourdes? Paul-André : Combien font 1950 gourdes en dollars.

– Il me répond : « Tu divises par 50 ».

Je me concentre sur les différentes coupures que j’ai dans mon porte-monnaie. Bon ça c’est quoi? 1000, non 100… oh un 1000! Il m’en faut un autre… non, ça c’est un 50. Bon, un autre 1000. Sauvée! Je les remets à la caissière qui n’a pas bronché.