Alors, comment était la Bolivie? Je m’apprête à répondre à cette fameuse question qui m’attend à mon retour. J’appréhende ma réponse. Ce n’est jamais facile répondre à une telle question. Comment résumer mon stage de 75 jours en quelques mots? Difficile, physiquement et émotionnellement, mais enrichissant, personnellement et professionnellement, ce fut une expérience d’apprentissage à tous les niveaux : apprendre à travailler et vivre un stage en groupe, apprendre à connaître la culture autochtone aymara et la Bolivie, ce pays au cœur de l’Amérique latine, apprendre à vivre en famille de l’autre côté de l’Équateur, et la liste d’apprentissages continue.

Je vais me souvenir des journées chaudes, avec le soleil qui tape à 4,000 mètres et des nuits froides avec les étoiles qui remplissent le ciel. Je vais me souvenir des conversations au sein du groupe, avec nos collègues de travail à la CEADL*, avec notre partenaire, le réseau d’artisans la RED OEPAIC*, et avec nos familles. Je vais me souvenir du bus coloré vert fluo qu’on prenait tous les jours pour se rendre au bureau. (Il y avait des jours qu’on se coinçait comme des sardines pour rentrer dans le bus ou qu’on s’accrochait à la porte pour pouvoir rentrer). Je vais me souvenir des nombreux marchés, où on peut trouver de tout et de rien : des meubles, des animaux, de la laine, des voitures, etc. Je vais me souvenir des grandes montagnes époustouflantes, notamment l’Illimani, qui entourent la ville de La Paz.

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Le marché à Sucre

 

Je vais me souvenir de la journée pluvieuse quand nous avons visité le lieu de naissance de notre mère d’accueil, proche du village d’Ancoraime en face du Lac Titicaca. Je me souviendrai des luttes des peuples autochtones et de la population bolivienne en générale, qui continuent jusqu’à ce jour. Je me souviendrai des nombreuses fiestas, presque à chaque semaine, avec les jeunes et les vieux qui dansent et jouent de la musique dans les rues d’El Alto et La Paz. Je me souviendrai de ma fête en Bolivie, des deux gâteaux que j’ai eu la chance de déguster et des chants d’anniversaires en espagnol de l’équipe au travail et de ma famille. Surtout, je me souviendrai du dernier souper en famille, qui a réuni toutes les familles, l’équipe du bureau de la CEADL, le réseau d’artisanes de la RED OEPAIC, et les volontaires du CECI Bolivie.

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Le campo de Doña Juana

 

Comme je vais me rappeler des bons moments du stage, je vais aussi me souvenir des difficultés, toutes ces fois que j’ai été malade (oui, il y en eut plusieurs) et comment ça m’épuisait mentalement. Je vais me rappeler des moments difficiles, quand je me sentais isolée dans cette nouvelle réalité si différente de celle que je connais; des moments où j’entendais passer les avions dans le ciel et je pensais à mes amis et ma famille qui m’attendait au Canada. Je vais me rappeler des moments difficiles que nous avons surmontés en groupe, que ça soit au travail ou pendant nos aventures autour du pays. Pour reprendre une des phrases récurrentes de notre mère d’accueil, asi es la vida…c’est comme ça la vie.

Mais en fin de compte, ce sont les bons moments et les bons repas, souvent remplis de divers types de patates, que nous avons partagés avec notre famille, les artisanes, et notre groupe dont je me souviendrai le plus. Donc, la Bolivie? Chaque stagiaire du groupe a sa propre histoire à raconter. En temps et lieux, nos meilleurs et pires moments du stage seront révélés. Pour les connaître, il faut simplement commencer par nous écouter.

Asi es la vida

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La vue du téléférique jaune

 

*Centro de Educacion y de Apoyo por el Desarollo Local (CEADL)

*Red de Organizaciones Económicas de Productores Artesanos con Identidad Cultural (RED OEPAIC)