La Ceja, véritable carrefour pour le transport de El Alto, est un endroit sans foi ni loi. C’est traverser ou se faire frapper. Les centaines de mini-bus qui s’y rendent se faufilent dans chaque petit espace sans suivre aucune règle apparente. Du moins, à mes yeux, ils semblent ne suivre aucune règle, hormis l’usage klaxon dont ils abusent allègrement à la moindre occasion. Et pourtant, depuis mon arrivée, je n’ai vu aucun accident, pas même un accrochage. Avec les dizaines, voire les centaines de milliers de personnes qui passent par cet endroit tous les jours, cela relève pratiquement du miracle. Car tous sans exception passent par la ceja. Les étudiants avec leurs sacs et leurs cahiers, les travailleurs en veston cravate, les cholitas avec leurs polleras colorées et leurs agayos et tous ceux qui désirent descendre à La Paz. D’ailleurs, le nombre effarant de mini-bus indiquant «Ceja» donne une bonne indication de l’importance de ce lieu.

Outre la folie du trafic, la ceja est aussi un lieu extrêmement vivant. Peu importe l’heure de la journée, la place est toujours remplie de mini-bus, de bruits, d’odeurs douteuses et de gens. C’est aussi un endroit rempli de trouvailles, notamment au niveau culinaire. Peu importe la spécialité bolivienne à laquelle vous pensez; salteña, tucumanas, llaoucha et autres, vous allez pouvoir la retrouver à la ceja. Que ce soit dans un petit restaurant ou tout simplement par un vendeur ambulant dans la rue. Et si vous osez vous aventurer un peu plus loin dans ce lieu mystérieux, vous pourrez découvrir un marché où épices et viandes côtoient chapeaux adidas et aiguilles à tricoté. En fait, tout ce dont vous pouvez avoir besoin, il est possible de le trouver à la ceja. Même les choses les plus inattendues comme des cours d’espagnol donnés par une Montréalaise d’adoption ou encore des cours de Fight Do avec Eric. Rien n’est impossible à la ceja.