42 secondes: temps nécessaire pour être trempé à partir du moment où nous ne recevons plus l’air poussé par un ventilateur.

4h50 : heure à laquelle la mosquée propulse son appel à la prière dans des haut-parleurs. Heure aussi à laquelle le coq se met à chanter. Heure à laquelle la nuit de sommeil prend fin.

5h30 : heure à laquelle les bonnes dans nos familles s’activent pour faire le ménage, la lessive et le repas.

3h00 : temps que peut prendre une réunion qui devait durer 30 minutes. Ici, on aime les parenthèses, on aime parler et étirer les choses jusqu’à ce que la sueur vous coule de partout et que vos fesses soient collées ad aeternam sur votre chaise.

2h30 : temps de pause normal de la journée de travail coupée (on quitte à 12h30 et revient à 15h00 pour terminer la journée). Période idéale pour faire la sieste après avoir été assommée  par votre dîner.

20h00 : heure normale où nos familles entament le souper (et où nos estomacs  d’occidentales sont très prêts pour le souper).

1h00 : temps que prend uniquement l’ouverture pour un match de foot (ce peut être long de faire défiler une mascotte et des majorettes).

Deux jours : Comme dans l’expression «  Ça fait deux jours », couramment utilisée ici pour dire «  Ça fait un bail » lorsque nous rencontrons quelqu’un que nous n’avons pas vu depuis un moment.

Nous étions assises toutes les sept dans notre bureau à la Table Filière Karité (en sueur, bien sûr) en train de nous questionner sur notre prochain article publié quand l’idée nous est venue de vous partager notre expérience africaine face au temps.

Le temps, ce cher temps que nous chérissons au Québec, ne fait apparemment pas partie de la même famille que le temps africain. Probablement des cousins éloignés.

Nous sommes habituées de compter notre temps, alors qu’ici nous apprenons à l’apprécier. Apprécier et patienter parfois, mais aussi apprécier la spontanéité à d’autres moments. Ici, peu importe le moment de la journée, on peut passer vous rendre visite ou vous annoncer qu’on vous invite à quitter dans cinq minutes pour aller à la messe sans avertissement.

Nous sommes habituées de gérer nos agendas pour respecter nos rendez-vous, mais ici nous devons gérer des plans B (et parfois C, voir D) pour pallier aux retards de collègues ou membres de la famille qui auraient rencontré quelqu’un sur la route ou qui auraient décidé de rester au village pour se reposer.

Nous sommes habituées de rendre notre temps productif, mais ici, même l’argent ne pourrait acheter le temps. Le temps africain, lointain cousin du temps nord-américain, a fait le choix de ne pas se laisser encadrer et gérer au quart de tour.

Mais, vous savez, il n’y a aucun souci. Nous nous adaptons graduellement et apprenons à nous laisser porter par notre nouveau rythme de vie!