La beauté de vivre dans des familles d’accueil, c’est qu’on ne sait jamais à l’avance les expériences que l’on va vivre. Si on m’avait un jour dit qu’à un moment dans ma vie j’assisterais à une graduation bolivienne, j’aurais eu de la difficulté à le croire. Pourtant, lors de ma première soirée dans ma famille c’est bien là qu’on m’a amenée. Malgré d’inévitables malaises, dû au fait de se retrouver en plein milieu d’une famille complètement inconnue, je me considère privilégiée d’avoir pu assister à un évènement aussi important dans la vie d’une parfaite étrangère. Par ailleurs, de cette première expérience, j’ai pu constater aux premières loges la convivialité des Boliviens. En effet, bien que complètement venue à l’improviste, ils m’ont tout de même fait une place à leur table et servie un délicieux souper en assez grande quantité pour nourrir un régiment complet!

Le lendemain, j’ai pu discuter avec Doña Cristina de sa vie d’artisane. Heureusement, mon niveau d’espagnol m’a permis d’avoir une vraie conversation et j’ai donc pu apprendre des choses qu’aucuns livres n’auraient pu m’enseigner. En ce samedi, j’ai également fait la rencontre d’une partie de la famille. La généalogie dans la famille de Doña Cristina n’est toutefois pas aussi aisée qu’on pourrait le croire. En effet, étant membre d’une paroisse, cette dernière appelle tous les gens de cette même paroisse ses frères et ses sœurs. Il m’est donc très difficile de me retrouver parmi tous ces hermanos et ces hermanas!

Dimanche, j’ai vécu mon premier choc culturel. En effet, moi qui croyais me diriger à la messe, je fus bien surprise. L’endroit où je me suis retrouvée n’avait rien de la messe catholique traditionnelle à laquelle je suis habituée. Il y avait de la danse, un groupe de musique et une entière paroisse à genoux pleurant et criant İJesù! Je vous laisse imaginer ma surprise face à ce spectacle plus que déroutant. Pendant les trois heures qu’a duré cette messe qui n’en était pas une, je suis passé par toute une gamme d’émotions. De la curiosité au profond malaise en passant par l’amusement, tout y est passé! Par après, je suis allée manger un almuerzo dans la rue histoire de bien jeter par la fenêtre toutes les recommandations faites par le médecin. Je dois tout de même admettre que la nourriture était plus qu’excellente! J’ai fini la journée par une visite à la Feria de l’Alto. Chaque jeudi et dimanche se déroule cette Féria qui est un immense marché où l’on peut trouver pratiquement de tout. J’ai donc pu me procurer du savon à linge pour faire ma lessive (ce qui, en soit, fut une autre aventure), de la laine et des mandarines.

En somme, je suis reconnaissante de pouvoir vivre une expérience aussi unique que la vie dans une famille d’accueil. Chaque jour apporte son lot de nouvelles surprises et de nouvelles opportunités qui ne s’offriraient jamais à moi dans d’autres circonstances.