À Ouaga, la majorité des habitants parle le français. Pourtant, pour bien s’intégrer à la vie burkinabé, il y a tout un travail à faire pour parler la même langue! Dès mon arrivée en terre africaine, j’ai commencé à noter toutes les expressions qui me font bien rigoler et en voici donc un petit aperçu à travers une journée typique de semaine :

Quand je me réveille le matin et je croise ma mère d’accueil, elle me dira sans doute « bon matin Ève, tu viens manger « ou bien »? (Veuillez noter ici que ce fameux « ou bien » a sa raison d’être à la fin de toutes les phrases, c’est promis!). Ensuite, je quitterai la maison (en taxi ou en voiture/« engin », car « se faire remorquer » en moto est interdit pour les stagiaires) pour me rendre « au service » (au travail). Une fois sur place, on me saluera en me disant « bonne arrivée ». À l’heure du déjeuner (diner), les gens autour de moi me diront « vous êtes invités » avant d’entamer le repas et une fois celui-ci terminé, on souhaite toujours la « bonne digestion ». En revenant au « service » en marchant, on me saluera de nouveau en disant « bonsoir » puisqu’au Burkina, le soir arrive après l’heure du lunch! On me dira sans doute ensuite que j’ai fait « le sport » en marchant du « maki » (resto) au « service », parce qu’ici, le moindre petit effort physique au soleil, c’est « faire le sport ». Ouh lala, il fait chaud, nous sommes fatiguées, est-ce qu’on peut faire la sieste? « Y’a pas de problème! » me dira-t-on. « Il faut se reposer ». Et « voilàààà », la journée au service est terminée, je retourne à la maison et mon frère d’accueil m’invitera à « faire le show » ce soir (prendre un verre et danser dans un club). Mais je ne sais pas danser!!! « Ohhh, y’a pas de problème ». Comme le dit si bien le proverbe africain, « le mauvais danseur attribuera ses maladresses au batteur de tam-tam ».