Article en collaboration avec Myriam L.

Monter et descendre des rues fortement inclinées, survivre un trafic sans merci et gérer les inconvénients de l’altitude, ce sont les premiers défis auxquels un étranger fait face lors d’un déplacement à pied à La Paz. En cherchant des nouveaux repères dans cette ville inconnue, rapidement on se rend compte que partout où le regard se pose les Andes sont présentes dans le coin de l’oeil. Lorsqu’on admire un édifice moderne ou lorsqu’un chien errant attire l’attention avec un jappement, les cinq pics de l’Illimani qui montent jusqu’à 6438 mètres d’altitude sont constamment visibles à l’horizon. Ceux-ci sont les plus importants de l’ensemble des montagnes composant la Cordillère Orientale entourant La Paz.

Illimani

Anciennement, les Andes ont caractérisé le mode de vie des diverses cultures qui composaient l’empire Inca. Aujourd’hui encore, elles façonnent les habitudes de ceux qui font leurs vies sur l’Altiplano, région des Andes située entre 3 600 et 4 000 m d’altitude. L’Altiplano, qui signifie « plaine d’altitude » en espagnol, est situé au cœur de la cordillère des Andes et est la plus haute région habitée au monde après le plateau du Tibet, s’étendant sur près de 1 500 kilomètres de long.

Un des phénomènes à l’origine des formations rocheuses autour de La Paz est le déplacement des plaques tectoniques Nazca et Sudaméricaine durant le Paléozoïque, une ère géologique qui s’étend de -541 à -252,2 millions d’années. Ce mouvement tectonique est responsable de la formation de la Cordillère des Andes et c’est pour cela que les villes sur l’altiplano sont autant au-dessus du niveau de la mer. Le relief si particulier de la région métropolitaine de La Paz est aussi expliqué par le retrait des glaciers suite à la dernière glaciation. Les glaciers alors présents sur le territoire actuel de la ville ont laissé un sédiment instable sur le sol de la région qui ressort visuellement de la terre rouge ferreuse des alentours. Ainsi, une rivière a facilement réussi à sculpter le canyon sur lequel l’urbanisation de la métropole a eu lieu.

Siège du gouvernement de la Bolivie, La Paz est située à 3660 m, ce qui en fait la capitale administrative la plus haute du monde. Elle a été fondée en 1548 par les conquistadores espagnols, suite à une série de guerres civiles avec les populations Incas locales Aymara et Quechua. Originellement fondée là où actuellement ce situe la municipalité de Laja au sudouest de El Alto, la ville de La Paz a été déplacée vers le canyon dans lequel elle se situe de nos jours. Son intense urbanisation c’est faite naturellement sur les flancs de la vallée que les boliviens nomment aujourd’hui Rio Choqueyapu.

Étrangement, ici les quartiers les plus aisés, comme la Zona Sur et Sopocachi, se retrouvent au creux de la vallée. Alors que les zones les plus défavorisées sont sur les montagnes ou à la frontière de El Alto. Ces quartiers plus pauvres jouissent des plus belles vues de la région même si certains n’ont pas accès à l’eau courante. Ailleurs dans le monde, les investisseurs immobiliers auraient sauté sur l’opportunité de bâtir des édifices de luxe avec les magnifiques vues des pics couverts de neiges éternelles.

Lorsque l’avion approche de la ville à l’aube et que les nuages sont transpercés par des pics enneigés, La Paz possède une magnificence qui éblouit tout de suite les arrivants. Ceux derniers sont suivis partout dans la ville par cette sensation si caractéristiques des grandes chaînes de montagnes de ce monde. Malgré la routine qui s’installe de les voir quotidiennement, l’impression de petitesse face à ces géants demeure. Bref, les voyageurs qui s’aventurent dans La Paz et sa région avoisinante sont incapables de s’immuniser aux charmes de la cordillère des Andes et de la vie à 4 000 mètres d’altitude.