Ce jeudi, j’ai décidé de descendre à La Paz pour aller voir le pape puisque ce n’est pas tous les jours qu’une occasion pareille se présente. En outre, j’étais très intéressée par l’idée de pouvoir dire que j’ai rencontré le pape. À 8h du matin, pour éviter les trancaderos (blocages de rues) situés un peu partout dans l’Alto, je suis donc partie en direction de La Paz. Après avoir déposé mon sac dans l’appartement de Catherine, lu un peu et mangé une bonne tarte au citron, je suis partie en direction de la Plaza Murillo où le pape devait terminer son trajet. Je ne m’y suis jamais rendue. Sachant que le pape ne devait pas arriver avant 19h (il était alors seulement 11h), j’ai décidé de prendre tout mon temps pour me rendre, m’arrêtant à chaque coin de rue pour lire un chapitre de mon livre. Au coin des rues Ayacucho et Potosi, juste avant la Plaza Murillo, alors que j’étais assise sur un bloc de ciment lisant mon livre, une fille m’a offert un pan de sa couverture pour que je m’y assoie argumentant que je devais être complètement gelé ce qui n’était pas particulièrement faux. Comme avec Jenny à Sucre, nous avons commencé à parler. Elle venait d’Oruro, mais travaillais désormais à La Paz. Elle était venue avec sa mère (qui à ce moment se réchauffait au soleil) pour voir le pape et l’attendait depuis cinq heures du matin. Ma rencontre avec cette mère et sa fille est ce qui m’a dissuadée de me rendre jusqu’à la Plaza. Pendant les longues heures d’attente, nous avons longuement discuté d’à peu près tout. Nos conversations étaient particulièrement intéressantes pour moi dû au fait qu’elles venaient d’une classe plus aisée ce qui m’a permis de découvrir un autre aspect de la vie bolivienne. En outre, elles ont également partagé avec  moi tout ce qu’elles avaient apporté, soit fruits, friandises et couvertures. Moi qu’elles venaient à peine de rencontrer. Cette générosité distinctive est vraiment un aspect incroyable de la culture bolivienne. À chaque fois, j’en reste complètement abasourdie et un peu mal à l’aise, mais surtout complètement enchantée. Un peu avant l’arrivée du pape, la tante, rencontrée par hasard, est venue nous rejoindre. Elle fut aussi aimable que le reste de la famille. Vers 7h et des poussières, après quelques minutes de retard et plusieurs fausses alertes, le pape est finalement passé. Ou plutôt il a filé devant nous. En effet, après des heures d’attente et quelques orteils gelés, il est passé en véritable coup de vent dans sa pape mobile. Le tout s’est déroulé si rapidement (l’affaire de quelques secondes) que je me questionne encore à savoir si j’ai eu le temps de lever mes yeux de ma caméra pour le voir en chair et en os. Au final, alors que j’étais descendue pour le pape, c’est ma rencontre avec cette famille dont je garde les meilleurs souvenirs. Et la seule bonne photo que j’ai prise d’eux vaut plus que toutes celles que j’ai du pape François.