Le Club des Entrepreneurs de l’Université Américaine de la Caraïbes

Le 6 février dernier, je me suis rendue à l’Université Américaine de la Caraïbes pour animer l’atelier « Savoir entreprendre : Business Model Génération Canvas ». Dans le cadre de cet atelier d’un jour, j’ai rencontré de jeunes créateurs ayant soif d’apprendre. Le nuage d’incertitude qui planait dans la salle à mon arrivée a vite fait place à une ambiance festive empreinte de rires. Et pourquoi, tant qu’à y être, ne pas ajouter une ambiance à la saveur haïtienne ? Une formation sur le Business Model Canvas peut sembler longue et périlleuse. Et tout le monde sait que d’écouter de la bonne musique aide à détendre l’atmosphère. Un DJ pendant les pauses et l’heure du diner ? Yes, please! Qui a dit que nous ne pouvions pas apprendre tout en nous amusant ?

Une idée, c’est bien, mais la transformer en projet cohérent, c’est mieux ! L’atelier a permis aux étudiants de travailler collectivement sur un projet et de le cartographier en une seule page, regroupant les 9 éléments du modèle économique d’une entreprise : proposition de valeur, segments de clients, canaux de distribution, relations clients, sources de revenus, ressources-clés, partenaires stratégiques, activités principales et enfin, structure de coûts.

Le Business Model Generation Canvas (BMG)

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec cette méthode, le Business Model Canvas est un outil simple et visuel qui permet aux créateurs de mener une réflexion complète sur la mise en place d’un projet. En utilisant une approche pragmatique et orientée sur l’action, nous avons amené les participants à se familiariser au modèle BMG, grâce à des techniques d’innovation et de cocréation. Une présentation simple et structurée permet d’entrevoir les modifications à apporter pour optimiser le modèle d’affaires et assurer la pérennité du projet

C’est donc une soixantaine d’étudiants, venus des différentes facultés de l’Université Américaine de la Caraïbes, qui ont suivi le concept du Business Model Canvas et qui ont joint leurs forces et connaissances. Le but étant de produire, à la fin de la journée, un BMG sur la mise en place d’un projet collectif : Le Club des Entrepreneurs de l’Université Américaine. Une plateforme d’échange et de bonne pratique sur le lancement et la gestion d’entreprises.

La mise en place de ce club a été pensée pour répondre aux besoins et pour trouver des solutions innovantes, dans le but d’inciter les jeunes filles et les jeunes hommes à s’épanouir en utilisant la voie de l’entrepreneuriat. Nous souhaitons qu’ils valorisent la culture entrepreneuriale et qu’ils réalisent qu’Haïti peut leur offrir un environnement d’affaires dynamique.

Un projet créé par les jeunes et pour les jeunes

Je ne vous apprendrai rien en vous disant qu’être jeune et à la recherche d’un emploi dans un pays comme Haïti, où le taux de chômage ne cesse d’augmenter, est loin d’être chose facile. Il devient donc de plus en plus évident, voire urgent, d’adopter de nouvelles stratégies économiques pour réduire la pauvreté chez les citoyens plus vulnérables, soit les femmes et les jeunes.

À cet effet, je crois qu’encourager l’autonomisation financière des jeunes, en misant sur l’apprentissage des rouages du milieu des affaires, est un élément important dans l’accroissement économique d’une société et la création d’emplois. Un outil essentiel, tant dans la lutte contre la pauvreté que dans le développement des collectivités.

C’est dans cette optique que nous souhaitons instaurer Le Club des Entrepreneurs de l’Université Américaine de la Caraïbes dans les différentes universités de la commune. Ce programme, qui promeut l’entrepreneuriat jeunesse et l’égalité des genres dans un contexte économique, aura pour principal mandat d’accompagner les étudiants dans leurs démarches entrepreneuriales, et ce, tout au long de leur parcours académique.

Nous avons foi que ce projet, créé par et pour les jeunes, propulsera la communauté, spécialement les citoyens vivant en situation précaire, vers l’autosuffisance et l’autonomie financière. Ce qui les rendra plus résilients et mieux préparés à se relever d’une catastrophe naturelle. Une bonne façon de renforcer le statut des jeunes, de leur offrir un pouvoir d’action et de décision et d’améliorer et d’inciter leur participation socio-économique.

Si je me fie aux rétroactions positives de la journée, il est clair que d’offrir des ressources et de soutenir la réalisation d’initiatives entrepreneuriales personnelles et collectives doit être une priorité pour Uniterra et pour le collaborateur, l’Université Américaine.

Le Club des Entrepreneurs de l’Université Américaine sera l’occasion de réunir autour de la même table des jeunes partageant un but et un souhait communs d’avancement. C’est également une excellente occasion de faire valoir l’engagement des startups haïtiennes à contribuer au progrès du pays.

Restez à l’affut !

Tout au long de l’atelier, nous avons laissé la créativité prendre sa place. Nous avons même eu droit à une campagne électorale express pour nommer celui ou celle qui assumera la présidence du Club. Le cocktail de lancement et la présentation du projet du Club des entrepreneurs auront lieu au mois d’avril prochain.

Luckny Guerrier |Conseillère en développement des affaires et entrepreneuriat féminin


Témoignage

Wubjackson Point du Jour – Étudiant en Génie civil

Nous n’aurions jamais assez de mots pour décrire ce que nous avons vécu à l’université américaine dans le cadre de l’atelier de formation sur l’entrepreneuriat organisé par UNITERRA. Personnellement pour ma part c’était très instructif et pratique, je peux dire que mes attentes ont été comblées. Ça nous a été transmis par une Femme courageuse et pleine de détermination qui n’est autre que Mme Luckny Guerrier. Elle nous apprit dans un court délai comment travailler collectivement sur le projet du CLUB DES ENTREPRENEURS par la méthode de Business Model Canvas qui regroupe les 9 éléments du modèle économique d’entreprises.


Pour finir mon témoignage, c’est qu’après cet atelier je suis en mesure de réaliser mon rêve qui est de monter ma propre entreprise afin d’être indépendant et je profite de ce moment-là pour adresse mes plus sincères remerciements à UNITERA et à l’université américaine pour cette journée d’atelier de formation.

Angivie Drouny Chevalier – Étudiante en Génie civil

En route pour le séminaire sur l’entrepreneuriat, je ne m’attendais nullement à être aussi imprégnée de l’univers du Business aussi rapidement. Je m’étais attendue à un conférencier qui allait me motiver en faisant un témoignage de sa vie et de son expérience en tant qu’entrepreneur. Mieux que cela, j’ai appris plus que l’habituel « comment créer et débuter un business ».

J’ai appris en très peu de temps à faire un pas en direction du succès professionnel. Et le meilleur fut la création du club des entrepreneurs : une façon de faire qui demande de la collectivité, de l’entre-aide, qualités qui manquent beaucoup aux businessmen haïtiens. Je pense que ce club sera l’initiateur d’un changement colossal dans la mentalité haïtienne qui aura une répercussion directe dans la vie socio-économique du pays

 

Rose Linda St-Victor – Étudiante en Agronomie

Lors de ma rentrée à l’Université américaine de la Caraïbe, j’avais déjà l’esprit d’entrepreneure. Aujourd’hui j’ai eu la chance de participer dans l’atelier Business Model Generation et d’avoir Madame Lucky Guerrier pour formatrice. Elle nous a transmis des connaissances sur l’entrepreneuriat féminin et nous a initiés au concept du Développement de Marché International.

 Grâce à cette formation, j’ai plusieurs nouvelles idées sur comment créer une entreprise et rédiger un projet. Je serai aussi en mesure de travailler avec les jeunes et les femmes de mon pays afin de créer des activités d’ordre sociales et économiques.

 Dans un monde où le pourcentage de femmes est supérieur à celui des Hommes, la création de nouvelles activités « féminines » permettra la réduction du taux du chômage. De plus, nous aurons des femmes indépendantes qui pourront diriger leur vie, leurs familles, et — pourquoi pas ? – le Pays.