Je suis revenue récemment d’un inoubliable voyage au Pérou avec cinq autres Québécois travaillant dans le domaine du chocolat: Isabella, ma collaboratrice chez Miss Choco, Daniel et Alcina (Chocolats Monarque, Montréal), et Sylviane et Narada (Chocolaterie Le Cacaoyer, L’Assomption). Nous faisions partie d’une délégation d’affaires organisée par Uniterra, un programme conjoint du CECI et du WUSC-EUMC. Pendant deux semaines, nous avons eu la chance de rencontrer des chocolatiers bean-to-bar (1) péruviens, de visiter des plantations de cacao dans la région de San Martin et de rencontrer des gens de partout dans le monde, impliqués d’une façon ou d’une autre dans l’univers du chocolat.

Premier jour de notre délégation au Pérou. Premier jour de notre délégation au Pérou. Avec Christian Clément et Roy Vera Chung. Crédit photo: Roy Vera Chung.

Ce voyage au Pérou revêtait pour moi une signification bien particulière pour plusieurs raisons. D’abord, le Pérou est le pays où j’ai visité ma première plantation de cacao en octobre 2010. J’ai été mise en contact, grâce à Martin Christy (2), avec la coopérative Norandino à Piura (à l’époque, cette coopérative s’appelait Cepicafe). Je m’intéressais au chocolat depuis environ deux ans à ce moment-là, mais ce n’était pas encore la passion qui changerait ma vie. Je crois bien que c’est là, dans la plantation du petit village de Buenos Aires, que ma passion est née.

Ma première plantation de cacao Visite de ma première plantation de cacao À Buenos Aires, dans la région de Piura au Pérou en 2010.

Une autre raison ayant rendu ce voyage si particulier est le fait que notre délégation était entre autres appuyée par le WUSC-EUMC. Pendant mes études universitaires, j’ai été bénévole dans le comité local de l’UQAM de cet organisme. J’étais très heureuse de renouer avec l’EUMC et de connaître toute l’équipe péruvienne d’Uniterra! Notre délégation à pu visiter les bureaux à Lima, et même rencontrer le directeur général, Chris Eaton, basé à Ottawa et en visite au Pérou en même temps que nous. Nous avons eu avec Chris de très belles discussions sur notre travail, le chocolat bean-to-bar, le commerce du cacao, etc.

Dans les bureaux d'Uniterra Pérou à LIma. Dans les bureaux d'Uniterra Pérou à LIma. Crédit photo: Isabella Geddes
L'équipe d'Uniterra dans les bureaux de Lima. L'équipe d'Uniterra dans les bureaux de Lima.

En allant au Pérou, j’étais très heureuse à l’idée de revoir Francesca Valdivia, fondatrice de Q’uma Chocolate. C’est en partie grâce à elle que notre délégation commerciale a pu avoir lieu. Francesca est une jeune femme passionnée par ce qu’elle fait et particulièrement inspirante. Nous avons connecté dès notre première rencontre. Elle est venue à Montréal en avril dernier pour le Salon International de l’Alimentation (SIAL), et nous avons eu la chance de faire connaissance à ce moment-là. Elle est même passée à ma boutique, La Tablette de Miss Choco. C’est là que l’idée d’aller la revoir dans son pays est née. Pour en savoir plus sur son parcours, lisez cet article sur le site du CECI.

Discussion avec Francesca Valdivia Discussion avec Francesca Valdivia de Q'uma Chocolate, au Salón del Cacao y el Chocolate Perú. Crédits photo: Isabella Geddes

Francesca et moi, de même que toute l’équipe chez Miss Choco, partageons la même vision sur de multiples sujets, notamment le commerce direct, ou encore le rôle que doit jouer l’éducation dans le développement du mouvement des chocolats bean-to-bar artisanaux. Isabella et moi avons beaucoup discuté avec elle de son approche pour acheter du cacao. Comme vous pourrez l’entendre dans la vidéo suivante (en anglais), il est très important pour elle de faire du commerce direct et de connaître personnellement les familles de producteurs qui cultivent ses fèves de cacao, et pas seulement les administrateurs des coopératives.

Au Pérou, l’équipe d’Uniterra avait organisé peu après notre arrivée une visite de la fabrique où Francesca transforme son cacao en chocolat. C’est à Pachacamac, en banlieue de Lima, en plein milieu d’un désert. La fabrique appartient à Lisi Montoya (Shattell), une autre femme chocolatière bean-to-bar. Francesca partage avec elle les équipements, en attendant de mettre sur pied sa propre chocolaterie dans l’année qui vient.

Lisi et Francesca sont le signe que le monde du chocolat et du cacao au Pérou est en pleine mutation. Les hommes restent en majorité dans les plantations de cacao et les fabriques de chocolat bean-to-bar, mais de plus en plus de femmes sont présentes dans les différents maillons de la chaîne. Isabella et moi avons eu la possibilité d’en discuter avec Francesca pendant le Salón del Cacao y el Chocolate Perú. Dans la vidéo qui suit (en espagnol), Francesca nous explique qu’elle souhaite voir de plus en plus de femmes impliquées dans la culture du cacao. Elle précise aussi que, pour elle, il est très important de s’entraider entre femmes au Pérou.

Francesca Valdivia avec Bertilla Mori. Francesca Valdivia avec Bertilla Mori. Crédits photo: Francesca Valdivia

C’est un fait, le monde du chocolat est en train de changer rapidement au Pérou. C’est vraiment un pays à surveiller dans les prochaines années. Je vous en parlerai dans mon prochain article. Restez à l’affût!

(1) Bean-to-bar:  le chocolatier bean-to-bar achète des fèves de cacao et fabrique son chocolat de A à Z. Voir mon article de blogue sur le bean-to-bar  pour une définition plus complète.

(2) Martin Christy est notamment à l’origine du site Seventy Percent et l’un des fondateurs des International Chocolate Awards.