Le Comité interprofessionnel du riz (CIR-B) est la structure associative dont se sont dotés les différents intervenants de la filière riz du Burkina Faso en 2001. Cette structure, de deuxième niveau, réunit en son sein quatre différents maillons, les producteurs, les transformateurs, les transporteurs et les commerçants, et vise à assurer la coordination des échanges entre ceux-ci et le secteur économique. Cette structure démocratique offre un lieu de concertation où les acteurs des différents maillons reconnaissent leur interdépendance et se munissent d’une base de concertation pour positionner leur produit. Cette approche intégrée s’inscrit directement dans la notion de chaîne de valeur. En effet, la fondation du CIR-B, en 2001, témoigne de l’importance donnée à la coordination afin de contribuer au développement de la filière riz et d’optimiser la valeur du riz burkinabé au niveau national.

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Le CIR-B a, entre autres, pour mission d’organiser des rencontres sur différentes thématiques touchant ses membres. De ce fait, le 21 et 22 avril dernier se tenait dans la capitale burkinabé, un atelier d’évaluation de la participation des acteurs de la filière riz aux journées promotionnelles des produits agricoles de décembre 2014. L’objectif global de cet atelier était d’évaluer la participation des acteurs de la filière riz et d’en tirer des leçons pour les prochaines participations.

Trente-deux (32) personnes participaient à l’atelier. Étaient du nombre les étuveuses, membres du CIR-B sous le maillon des transformateurs, tout comme l’équipe technique de l’Union nationale des étuveuses de riz du Burkina Faso (UNERIZ), certains partenaires techniques et financiers dont le Projet d’appui aux étuveuses de riz (PAÉRIZ). De plus, s’est jointe à eux une représentante de l’Agence pour la promotion des Exportations du Burkina (APEX), qui a organisé la foire de décembre dernier.

La première journée, des travaux de groupe ont été lancés, ce qui a permis aux acteurs de poser un regard critique sur leur participation et l’organisation de la foire. Cette approche participative permettait aux acteurs de prendre conscience de leurs faiblesses et de leurs points forts tout en faisant le constat des difficultés rencontrées au niveau de l’organisation sur les lieux de la foire. Les réflexions étaient orientées sur quatre (4) aspects : l’organisation générale, l’aménagement des stands, les stratégies commerciales utilisées et les résultats obtenus. Deux groupes répartis comme suit, riz étuvé et riz blanc, se sont prêtés à l’exercice.

Aux termes des présentations des travaux de groupes, les échanges ont porté sur plusieurs aspects dont les principaux étaient :

  • l’insuffisance de publicité pour la promotion de la journée promotionnelle par l’APEX ;
  • la faible synergie entre les acteurs de la filière pour la préparation de la foire ;
  • le caractère non professionnel des acteurs participants à la foire ;
  • la faible coordination des participant-e-s par les faîtières.

Pour terminer la première journée d’atelier, deux présentations ont été faites. La première, faite par le CECI-PAÉRIZ, pour présenter la synthèse d’un diagnostic qui a permis de déceler les insuffisances de la participation des Unions d’étuveuses. Ce diagnostic avait pour but de jeter les bases pour offrir une formation qui permettrait aux étuveuses de mieux jouer leur rôle de promotrices et de vendeuses lors des différents évènements commerciaux et ce pour mieux intégrer le marché et accroître leurs revenus.

La seconde, faite par le service marketing de la Direction de Développement des Marchés des Produits Agricoles (DDMPA), structure technique de la Direction Générale de l’Économie Rurale (DGPER). L’expérience et les enseignements tirés par la DGPER, en cinq ans d’accompagnement des organisations de producteurs dans l’appui et l’organisation des foires des produits agricoles, ont été présentés. Il ressort que les foires constituent des cadres pertinents pour la promotion des filières et la professionnalisation des acteurs.

À la suite des deux présentations, les participants ont échangé sur plusieurs points dont les plus importants étaient :

  • la synergie d’action entre la DGPER et l’APEX ;
  • le rôle fédérateur du CIR-B dans l’organisation et la préparation des foires ;
  • la nécessité de renforcer les capacités des membres sur les outils de participation aux foires.
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La deuxième journée de l’atelier a tourné autour de l’identification des axes d’amélioration. Les acteurs présents ont d’abord dû réfléchir sur la raison de leur participation à des foires. Entre autres, il s’agit de faire connaître leur produit, de nouer des partenariats durables et d’accroître la part de marché du riz burkinabé. À cet effet, il était essentiel de se pencher sur les rôles des acteurs dans la filière riz car les actions de l’un ont un impact direct sur les autres intervenants de la filière, ceci étant dû à leur interdépendance. En ce qui a trait aux partenaires techniques et financiers, comme le PAÉRIZ, il s’agit de renforcer les capacités des acteurs afin que leur participation aux foires soit améliorée.

Lors de ces deux jours d’atelier le CIR-B a bien tenu la barre et a su orienter les échanges, diriger les discussions et synthétiser les débats tout en permettant à chacun de s’exprimer. Le fait d’avoir réuni autour d’une même table ses maillons et plusieurs acteurs gravitant autour des journées promotionnelles, le CIR-B a joué le rôle d’interprofession qui lui est attribué et ce pour une meilleure concertation des acteurs. Ainsi unis, les acteurs déploient une plus grande force pour la promotion et la valorisation du riz burkinabé sur le marché national. Une pierre a été posée pour bâtir un plan d’action pour améliorer la participation des différents acteurs aux foires commerciales.