Au cours de mon exploration solidaire, j’ai fait  des rencontres d’une valeur inestimable. En effet, plus je m’avançais hors des sentiers battus et plus les petits villages où j’arrivais avaient quelque chose à m’apprendre et me préparaient des rencontres fort inspirantes; comme quoi plus les gens sont humbles, plus ils ont à donner et prennent plaisir à partager leur histoire et le peu qu’ils ont.

J’ai plusieurs exemples en tête et j’aimerais en partager un avec vous.

Je me suis rendue dans un village nommé Zacualpa, dans la région du Quiché. C’est un petit village à 1 heure de la grande ville la plus près. Ses habitants ont lourdement souffert le conflit armé des années 70-80 et il y a eu de nombreuses personnes disparues. Aujourd’ hui la communauté essaie de se développer pour arriver à assurer le bien-être de sa population, afin de réduire les cas d’alcoolisme, violence et décrochage scolaire. Le tourisme durable semble donc une alternative intéressante et c’est ce dans quoi s’investit le Ranchon social Chixocol. En effet, ils offrent un hébergement sous forme de cabanes avec un pavillon central pouvant aussi être lieu d’événements. Les profits servent entre autre à remettre des bourses d’étude à des jeunes ou encore à donner des formations sur place avec un intérêt particulier pour les jeunes et les femmes. C’est Alejandra qui m’a reçue pour me parler avec fierté de ce projet pour lequel elle est bénévole. C’est avec enthousiasme qu’elle m’a partagé toutes ses idées sur comment le tourisme local pourrait être développé, entre autres, en offrant un sentier pédestre, en développant de l’artisanat et des ateliers de cuisine de mets locaux, etc. Cela m’a vraiment fait chaud au coeur de voir son implication et celle de ses collègues dans ce projet, car ils voyaient vraiment une opportunité de développement pour la communité, et non seulement pour quelques-uns d’entre eux.

Le jour suivant j’ai donc fait le sentier pédestre avec Alejandra et toute sa famille (mari, fils, mère, belle-soeur et amis) pour ensuite cuisiner le traditionnel barbecue du dimanche. Je me suis sentie vraiment choyée de pouvoir vivre ce moment. Puis, Alejandra m’a raconté que la jeune fille de son amie, âgée de 12 ans, désire être médecin et ouvrir une clinique gratuite pour les gens de Zacualpa. C’est déjà un voeu louable, et encore plus connaissant la situation là-bas. Il n’y a qu’un médecin et il fait des prescriptions très chères (pas d’offre de générique car il reçoit une grande partie des profits) et il prescrit toujours les mêmes médicaments pour n’importe quel problème! Devant cette escroquerie, la petite fille avait dit à sa mère: «Pourquoi ce n’est pas possible de leur donner de bons médicaments pour qu’ils guérissent? Je veux que les gens aillent mieux!»
Franchement inspirant venant d’une jeune fille de 12 ans,non?

Quand on y pense, c’est grâce à la passion, au grand coeur et à l’implication des gens inspirants et inspirés que de nombreux projets voient le jour et ont un impact crucial sur le développement de communautés qui luttent tous les jours pour arriver au bien-être.

Je garde donc en tête Zacualpa afin de les aider dans leur processus de développement touristique durable, un lieu qui m’a franchement surprise et qui présente un potentiel particulièrement intéressant de tourisme respectueux de l’environnement, valorisant la culture traditionnelle et ayant un imapct socio-économique local positif. D’ailleurs, parlant de culture, un fait particulier à Zacualpa c’est que la loi maya règne. Il n’y a donc pas de policiers mais plutôt une autorité maya qui juge les délinquants. Les sanctions sont particulièrement drastiques (fouet ou pire), donc les gens savent à quoi s’en tenir! Surprenant non?

Cette rencontre a donc été fort inspirante et je désirais la partager avec vous pour souligner l’importance de croire en ses rêves et idées, peu importe le contexte dans le lequel nous nous trouvons.