Le Guatemala est un pays très jeune étant donné que  70% de sa population a moins de 30 ans. 38.4 % des jeunes filles et des jeunes garçons sont issus des premières nations et constitue la proportion des jeunes les plus affectés par le manque d’opportunités en ce qui concerne l’éducation,  le chômage et la violence. Par exemple, on estime  qu’entre 2004 et 2007, le 26% de la population au Guatemala, entre 7 y 14 ans, ne sont jamais allés à l’école (PNUD, 2012). Cependant, il n’existe aucun recensement des communautés des jeunes autochtones étant donné leur isolement et par conséquent,  leur exclusion au sein de la société guatémaltèque.

Seulement un petit pourcentage de la population jeune privilégiée, appelée La sociedad, se référant à une élite ayant accès à universités privées. Le reste du pays vit dans un contexte précaire, voire d’extrême pauvreté, où la violence y est omniprésente incluant désintégration de la famille, traite des jeunes femmes, questions de santé dont un certains nombres de maladies sexuellement transmissibles et donc soumis au cercle vicieux de la pauvreté. Rares sont ceux qui ont la chance d’être soignés ayant un médecin pour 10,000 habitants au Guatemala.

La participation des jeunes dans le monde de l’employabilité au Guatemala est donc très faible. 52% de la jeunesse est considérée analphabète et peut seulement utiliser leur empreinte digital au moment de  s’identifier, un handicap considérable pour la recherche d’un emploi digne. Par conséquent, ils ont recours au travail informel. Quant à ceux qui ont la chance d’accéder à des études et à un travail formel par la suite reconnaissent, dans 93% des cas, ne pas recevoir de formation préliminaire pour les tâches qu’ils réalisent (Encuesta de Condiciones de Vida del Instituto Nacional de Estadística).

Au niveau institutionnel, l’absence de loi pour la jeunesse et le manque de financement constituent des antécédents profonds pour une participation des jeunes à prendre part aux décisions afin de faire reconnaître leur légitimité au sein des décisions politiques. En ce qui concerne l’univers de l’entreprenariat, il existe un manque considérable pour construire une vision entrepreneuse chez les jeunes. Mai bonne nouvelle, il s’agit d’un secteur en pleine effervescence aussi bien en termes de coaching pour les nouveaux entrepreneurs, qu’en termes de naissance d’entreprise d’investissement d’impact social tels que Alterna ou ASEGUA, la Asociación de emprendedores de Guatemala, sans mentionner les nombreuses micro entreprises qui poussent comme des champignons.

Le secteur du café en fait partie au travers d’un nombre croissant de coffee shops en ville, en Ciudad La Antigua et dans les coopératives. D’une manière quelque peu différente, des projets non seulement d’artisanat mais artistiques voient le jour dans le Département de Solola, en lien avec l’utilisation des matériaux recyclables.

Ce diagnostic concernant les jeunes du Guatemala mérite de se pencher davantage sur les opportunités existantes étant donné l’essor visible de jeunes entrepreneurs, et un changement de mentalités se développant dans ce pays marqué par tant de barrières sociales. Les jeunes sont prêts et prêtes à prendre place sur la scène nationale  et devenir acteurs de changement pour leur pays !