Il m’aura fallu quelques jours pour retenir ce nom, comadronas. Pas si difficile à dire pourtant! Mais maintenant que j’en sais un peu plus à leur sujet, je n’oublirai jamais ce mot. Les comadronas sont les sages-femmes d’ici. Dans les communautés, au moins 70% des naissances se font avec leur assistance. Ici, on fait beaucoup plus confiance à la comadrona qu’aux médecins ou infirmières, bien qu’elles n’aient pratiquement aucune formation. Pour plusieurs, c’est un don reçu à la naissance, selon leur Nahual (signe astrologique Maya), ou bien un transfert de connaissances de génération en génération.

Le manque de confiance aux services de santé résulte majoritairement de la discrimination. Les gens des communautés ne reçoivent pas le même accueil ni le même service que les gens de la ville. Pour ce, ils préfèrent pratiquement mourir dans leur communauté que de se rendre à l’hôpital ou centre de santé le plus près.

Cette semaine, des infirmières du Minnesota viennent donner des cours pour augmenter les capacités et connaissances des sages-femmes. Elles sont au nombre de 8, ne parlant que l’anglais, accompagnées de 6 traducteurs afin de donner la formation aux quelque 25 sages-femmes du premier groupe, et à quelques autres 20 sages-femmes du 2e groupe de la semaine.

Ces deux jours se veulent des ateliers sur les premiers soins à apporter aux nouveaux-nés lors de naissances un peu plus complexes. Elles leur apprennent à verifier la respiration et le battement de coeur du bébé, à utiliser un mouche bébé, un respirateur manuel, et à demander de l’aide lors de cas complexe (dont se rendre à l’hôpital).

D’autres infirmières de la ville de Guatemala sont également venues pour un exposé sur les fissures labiales. Elles posent la question aux sages-femmes sur les raisons pouvant causer cette malformation. Réponses : parce que le père est alcoolique, ou cela est dû aux effets de la lune! Les croyances sont donc beaucoup plus fortes que la science!

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Nous sommes allés visiter une clinique médicale, secteur de malnutrition pour les enfants. Cet organisme ne vit que de subvention du gouvernement et de dons personnels et d’organisme. En ce moment, ils ont un budget jusqu’au mois de juin, mais par la suite, ils n’ont aucune idée pour l’instant s’ils pourront maintenir leurs activités. Au moment de notre visite, il y avait 3 pensionnaires au centre, dont deux bébés abandonnés par leurs familles pour des raisons de santé. Selon les périodes, ils ont plus ou moins de pensionnaires, dépendament du budget. Car ils ont besoin de plus de liquidités pour sortir dans les communautés afin d’y repérer les enfants souffrant de malnutrition et les rapatrier au centre afin de leur donner des soins.

Finalement, nous sommes aussi allés faire une visite chez notre collègue Victoria afin de connaître le temazcal. C’est un genre de sauna où les femmes donnent naissance, assistées de la comadrona. L’endroit est restreint pour deux personnes et on y entre à quatre pattes. La chaleur aide à la dilatation, mais accélère aussi le rythme cardiaque! À moins d’y avoir réellement un malaise, c’est l’endroit de prédilection pour donner naissance. Tous les habitants du village ont leur propre temazcal, alors la comadrona va porter assistance au domicile des parents.

 

Ainsi se terminent mes trois semaines ici. Dès demain, je retourne dans la capitale. Je n’ai eu le temps que de m’accomoder à mon nouvel environnement qu’il faut déjà repartir. Mon congé solidaire m’aura permis de goûter à une parcelle du pays et de connaître des gens ô combien sympathiques. On ne m’a que donné le goût d’y revenir! Je vais m’ennuyer d’eux …