Haïti, été 2019, nous ne pouvons cacher que la saison touristique fut particulièrement touchée par tout ce qui se déroule au pays depuis le début de l’année. Après un moment d’accalmie, depuis juillet certains événements s’enchaînent: rareté de l’essence entraînant de lourdes conséquences tant sur les déplacements, le transport des vivres, la distribution d’électricité des centrales, la distribution de l’eau et j’en oublie sûrement.

Malgré tout, il faut vaquer à nos occupations quotidiennes, nourrir sa famille, s’assurer de garder la tête froide tout en gardant espoir. Voici la réalité actuelle de mes partenaires de travail haïtiennes et haïtiens.

Dans ce moment où les activités économiques sont à leur plus faible niveau, pour les marchandes et marchands sur les sites touristiques, il est temps de se préparer. Il est temps de penser autrement et d’élargir la production d’artisanat pour les temps meilleurs qui suivront.

Dans mon article précédent, je vous ai présenté un atelier pratique de fabrication de poubelles à partir des bouteilles, n’oublions pas que mon mandat actuel consiste à aider les sites touristiques dans une meilleure gestion de leurs déchets dans un contexte où la collecte collective est presque inexistante. Ma collègue de l’époque m’avait accompagnée pour diriger un volet de l’activité axé davantage sur la fabrication de nouveaux objets à partir de matières résiduelles.

Nous y voici, nous sommes à la mi-septembre et le contexte général s’y prête. Je vous amène à Port-Salut, sur une plage magnifique, rencontrer un petit groupe d’artisanes et d’artisans membre de l’Association des Marchandes de Port-Salut / Pointe-Sable (AMPPS).

L’artisanat principal de ce groupe consiste à fabriquer des sous-verres, napperons, chapeaux, broderies et occasionnellement des bijoux. Sachant qu’il maîtrise déjà l’art du tressage, nous avons exploité les possibilités de marier leur art à de nouvelles techniques de tressage et d’amalgamer les produits avec des matières résiduelles, des roches, de la broche, de coquillage et quelques perles que nous avions dans le but de créer des bijoux.

C’est dans un beau moment de partage que le groupe a saisi à quel point il était possible de faire une diversité de produits les plus originaux les uns comme les autres, mais surtout avec des matériaux faciles à trouver dans leur région et surtout des matières qui coûtent peu et augmentent donc leur profit.

Tout n’est pas encore parfait dans nos créations, mais l’expérience affinera les produits les rendant encore plus exotiques, car nouveaux sur le marché de Port-Salut et de Pointe Sable, ils permettront d’élargir leur vente à une plus grande clientèle nationale et internationale.

C’est magnifique de voir à quel point les ateliers créatifs rendent les gens heureux et ouvrent l’imaginaire à de nouvelles perspectives.

À bientôt pour la suite de mes aventures, on change notre vision des matières résiduelles et on leur cherche une nouvelle orientation…