Je souhaite vous présenter Manuel Laredo, ancien participant du Séminaire International. En 2013, il a pris la décision de quitter son poste de chercheur en innovation pour le projet Marco Polo en Europe et de revenir en Bolivie. À l’époque, il travaillait avec des matériaux en caoutchouc polymérique et lors de son retour, il a découvert qu’il y avait plus de 30 millions de pneus jetés dans toute la Bolivie. C’est suite à ce constat qu’avec Ronald Gonzales, ils créèrent à Cochabamba, le projet Mamut pour transformer ces déchets en sols synthétiques, grâce à la mise en œuvre de technologies nationales.

Son frère, Antonio Laredo a rejoint l’équipe en organisant le cadre d’affaires et la gestion administrative, ce qui leur a permis de collecter des fonds. Cette année-là, ils ont également participé au concours Innova Bolivia, où le projet a suscité beaucoup d’intérêt, et qui a permis la poursuite du projet.

Simultanément, Manuel avait postulé et été sélectionné pour faire partie du Séminaire International « Jeunes Leaders et Entrepreneuriat », organisé par Uniterra, CECI et WUSC, qui a eu lieu à Lima (Pérou) en octobre 2014 pendant deux semaines. L’accent avait été mis sur la créativité et l’impulsion des projets conçus par les jeunes.

Pour lui, l’interculturalité était le principal élément du Séminaire international, puisque les participants venaient de divers pays : le Canada, le Pérou, la Bolivie, le Guatemala et le Burkina Faso, réunissant au total 30 personnes. « C’était impressionnant parce que nous avions tous les mêmes problèmes et nous avons réalisé que les défis sont mondiaux et affectent toute une génération.  »

De même, le Séminaire International est une véritable plate-forme pour le développement humain, encourageant le développement de nombreuses compétences, et stimulant la prise de contact avec d’autres partenaires internationaux, permettant ainsi de pouvoir participer à de nouveaux concours. Manuel a été, par exemple, bénévole au Canada lors du Forum International organisé par le CECI et l’EUMC, en janvier 2015. Ce qui lui a permis de présenter son projet dans des universités mondialement reconnues tel que McGill (à Montréal) et Ottawa, de la même ville. De plus, il a pu participer l’année dernière à un programme de développement et d’innovation sociale à l’Université de Georgetown (aux États-Unis).

Lors du Forum International des Volontaires pour le Développement – IVCO à Lima en Octobre 2014, Manuel a défendu l’idée que les jeunes devaient être inclus dans les problèmes de développement. La proposition était de les faire participer en tant que base consultative, afin que les organisations impliquées puissent présenter leurs programmes et obtenir des réactions sur cette cible, dans la perspective d’avoir un impact plus important.

Aujourd’hui, l’entreprise Mamut  travaille dans 20 villes boliviennes avec des bureaux à La Paz, Santa Cruz et Cochabamba (siège sociale), et exporte au Paraguay et au Panama. Manuel déclare donc à juste titre : «chaque fois qu’un enfant ou qu’un athlète utilise un de nos planchers, cela signifie que plus de pneus sont retirés de la poubelle, tout en générant du travail directe et indirectement et que ça contribue à avoir un impact social et environnemental positif. »

Le projet Mamut a remporté deux prix : TICS America de l’OEA en 2016, en tant que Projet de plus grand impact dans la région, où plus de 200 projets de 30 pays ont été présentés. Et en septembre de cette année, le projet a gagné le Green Latin Prize, qui est la plate-forme ayant la plus grande visibilité pour les projets environnementaux de l’Amérique Latine.

Manuel nous invite à partager une réflexion commune : « Les idées servent à résoudre les vrais problèmes de notre société. Si vous sortez et que vous voyez qu’il y a un problème, alors résolvez-le, car le travail généré, comme le projet Mamut, aura un impact localement, mais également une répercussion globalement. « 

Le sol synthétique de Mamut, pour sécuriser les enfants (Plaza Avaroa - La Paz)