Voilà que cette journée prend une signification différente dans ma vie cette année. Cette journée officialisée par les Nations unies en 1977 trouve son origine dans le combat pour de meilleures conditions d’emploi et le droit de vote pour les femmes. Ce combat, nous l’avons en majeure partie gagné au Québec. Jamais, en tant que fille ou que femme je ne me suis posée la question, est-ce qu’on va me permettre de faire ça ? La femme, au Québec, peut se permettre de rêver à ce qu’elle veut. Elle peut rêver d’être un pompier, un menuisier, une enseignante ou mère à la maison. Elle peut rêver de jouer au hockey ou à la poupée. Certes, il y aura toujours quelques personnes qui passent des commentaires déplaisants, mais pour la majorité des gens ce n’est plus une aberration.  On oublie d’enseigner à nos filles, et à nos garçons, que leur monde n’a pas toujours été comme ça et que même en 2016, ailleurs, dans d’autres pays, on place encore les femmes dans une autre catégorie. Dans certains pays des femmes ne choisissent toujours pas qui elles vont marier, ce qu’elles feront de leur vie ou même de leur corps.

En Haïti, c’est encore la femme, qu’elle travaille à l’extérieur ou non, qui passe le plus de temps à des tâches domestiques. Ce temps passé à faire des tâches domestiques, elle ne peut pas le passer à travailler et ainsi faire vivre leur famille adéquatement. Notons aussi que plus la personne a de l’expérience sur le marché de l’emploi plus elle pourra être payée cher. Or, les femmes, de par leurs responsabilités familiales passent beaucoup moins de temps sur le marché du travail. Elles ont accès moins facilement à des emplois qui sont bien rémunérés avec de meilleures conditions. Elles se retrouvent donc dans un groupe très vulnérable à la pauvreté. De plus, ce sont encore les femmes qui sont le plus victimes de violences physiques, verbales et sexuelles. En Haïti, la violence est peu ou pas dénoncée, surtout la violence conjugale et la violence faite aux femmes. Si la femme se fait frapper c’est parce qu’elle a fait quelque chose pour avoir cette fessée. Même si des efforts du gouvernement sont faits dans un but d’inclusion, entre autres, la loi sur l’obligation d’avoir au moins 30% de femmes dans les organisations, dans l’application ce n’est pas tout à fait ça. Peu de lois sont adoptées pour protéger la femme et la fille. Les femmes ont encore besoin de prouver qu’elles sont capables tout autant que les hommes. Elles ont donc besoin d’être plus agressives et plus méfiantes. Elles ont besoin de travailler plus fort pour réussir. Un changement d’attitude, de valeurs, de mœurs et de coutume a besoin de bien plus qu’un changement de loi, ce changement a besoin de chacun des citoyens, ensemble et individuellement. Après une formation ÉFH que j’ai eu la chance de recevoir, j’ai ouvert le sujet avec certaines gens ici. Nous sommes bien loin de l’égalité. Plusieurs hommes ne sont pas d’accord que les femmes prennent 30% de LEURS emplois. Il faut commencer par informer les gens sur ce concept, sur les avantages que ça peut procurer à une société d’avoir des femmes scolarisées et occupant des postes décisionnels.

Alors, en cette journée internationale de la femme, mais aussi tous les jours de l’année, comment, nous les femmes chanceuses de ce monde, pouvons continuer de soutenir cette cause ? Comment vous messieurs, qui avez compris l’importance de la place de la femme, pouvez-vous continuer de soutenir cette égalité ?  Il ne faut pas cesser de se poser cette question. Parlez-en à vos filles, à vos fils, à vos sœurs et à vos frères. Et puis, pour ma part cette année, je travaille pour le programme Uniterra qui en fait, de l’égalité entre hommes et femmes, un de ses objectifs principaux.

Vous pouvez aussi donner au programme Uniterra à l’adresse suivante en choisissant mon nom: https://www.jedonneenligne.org/ceci/frm_detail.php?FrmUID=25