Au Burkina Faso, et dans toute l’Afrique de l’Ouest, le  »Cousinage à plaisanterie » fait partie de la vie quotidienne des populations. C’est le fait  de se taquiner entre ethnies, par exemple, les Mossi diront que les Peulhs sont leurs serviteurs, les Dioulas diront la même chose aux Mossi et les Peulhs aux Gourmantché etc. Cela n’a rien de péjoratif, c’est pour détendre l’atmosphère et mettre tout le monde à l’aise. Aussi, au cours de l’histoire, chaque peuple avait généralement une vocation de par son ethnie; par exemple, les peulhs faisaient de l’élevage, les mossis étaient dans l’agriculture et les dioulas étaient de grands commerçants. Bien évidemment, tout cela a évolué, aujourd’hui chacun peut rentrer dans le domaine qui lui sied le plus.

C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Mme Gariko, une grande dame, qui est membre de la Confédération Paysanne du Faso, le partenaire pour lequel je travaille au Burkina grâce au prgromme Uniterra. Cette dame est la fondatrice de l’Union Nationale des Mini-Laiteries du Burkina qui est aujourd’hui, le point focal de tout ce qui a trait au lait local burkinabé. Elle a aussi créé une petite association de femmes nommée :GROUPEMENT POTAL DJEMMA FEMININ  (GPDF) dont la mission première est la production laitière et l’amélioration des conditions de vie des femmes de Yagma pour l’épanouissement de toute la famille.

Le groupement vise aussi à créer une solidarité entre les membres, et est composé de 50 femmes dont 50% sont veuves. Mme Gariko a très tôt eu une âme d’entrepreuneur, elle m’a raconté que dans les années 80 c’est elle qui fournissait les petits revendeurs de son quartier en bissap et en petits beignets. Selon elle, ce commerce marchait relativement bien et lui permettait de subvenir à ses besoins. Elle était mariée à un Peulh, chose qui n’était pas très commune a l’époque puisqu’elle était de l’ethnie des Mossis. Aussi, sa belle-mère l’a convaincue d’investir dans une vache car, lui disait-elle: Tout est bénéfique chez la vache!!!

Elle a suivi les conseils de la dame en s’endettant car, au temps, son mari a refusé de l’aider en ne voyant pas l’utilité de cette transaction. Grâce à son animal, elle avait du lait qu’elle transformait en yaourt et dégué (succulent met à base de lait caillé et de mil) et cela lui rapportait beaucoup plus que les beignets. Petit à petit, elle est arrivée à avoir un troupeau et aujourd’hui son cheptel compte plus de 40 têtes, qu’elle gère avec l’aide de Mr Gariko (Haha). Elle est vraiment inspirante et se décrit comme extrêmement têtu. Si elle veut faire quelque chose elle ne voit pas pourquoi on devrait le lui empêcher, dit-elle souvent.

Elle est devenue un leader dans le domaine de la transformation laitière et voyage un peu partout dans le monde avec l’aide de bailleurs, afin de promouvoir le lait local burkinabé et ses dérivés.