A San Juan sur le bord du Lac Atitlan, des dizaines de peintures d’artistes locaux ornent les murs des rues. Chaque peinture raconte une histoire de la culture maya. A partir de cette particularité, le village a voulu se développer comme destination touristique culturelle. Avec l’aide du programme Uniterra et en collaboration avec l’organisation guatémaltèque locale Ati’t Ala’, ces peintures ont été mises en valeur. Elles ont été documentées et des reproductions seront exposées dans le futur musée de la culture de San Juan actuellement en construction. Ainsi peu importe ce qui arrivera aux peintures originales, elles seront conservées au musée.

San Juan 1Murale de 40 mètres sur la place des fêtes de San Juan. Photo Malik Filah

Alix Mendoza est l’un des peintres de San Juan. Il a participé à la réalisation de la grande murale de 40 mètres qui s’étend sur l’un des murs de la place des fêtes et qui a vu le jour au cours du festival de San Juan 2013.  » Nous sommes très fiers de ce projet, dit Alix. Il nous a permis de connaitre davantage notre communauté. Les gens viennent nous visiter et nous féliciter pour le travail que nous avons fait et j’ai reçu quelques commandes de gens qui ont apprécié ma peinture ». En quelques années, San Juan est devenu une destination touristique réputée, et les habitants participent étroitement à ce développement, affirme la directrice d’Ati’t Ala’, Mariajosé Mansilla.

 

San Juan 2Alix Mendoza, peintre

Juana Leja est tisserande et couturière, son mari est pêcheur. Elle fait partie du projet Posadas Mayas qui permet aux touristes de louer des chambres chez l’habitant. « Recevoir des touristes nous aide à mieux faire face à nos dépenses parce que nos enfants vont à l’école, et c’est agréable d’échanger avec les visiteurs, parler de nous et apprendre sur eux ». Juana présente fièrement la peinture qui orne la salle familiale et qui a été réalisée par un des peintres de San Juan. Uniterra a aussi appuyé la tenue du festival culturel multidisciplinaire de San Juan 2013 qui fut un grand succès et dès sa deuxième édition est devenu un incontournable. Pour garder le contrôle de l’activité touristique, le village a adopté une approche communautaire. Les organisations locales ont formé des guides touristiques locaux et ont obligé les tour-opérateurs à les engager. Avec eux, les touristes découvrent l’art de vivre maya, peuvent visiter les plantations de café et les ateliers de tissage ou de teinture. Ils sont aussi des accompagnateurs chevronnés pour des randonnées dans les montagnes environnantes.

San Juan 3Juana Leja, dans sa Posada Maya (gîte maya) à San Juan

A San Juan on ne voit pas des femmes et des enfants aborder les touristes dans la rue pour leur vendre des objets d’artisanat. Le visiteur peut parcourir le village, entrer dans les boutiques et choisir ce qu’il veut acheter sans pression. Les artisans tisserands se regroupent en coopératives ou associations et se donnent des règles communes. Il y a peu de marge pour le marchandage. Les prix affichés sont les prix « justes », c’est à dire qu’ils représentent la juste rémunération du travail des artisanes et les coûts. Le tourisme n’a pas empêché les villageois -contrairement à ce qui se passe dans d’autres villages du bord du lac- de continuer leurs activités traditionnelles, la culture, la pêche… Un beau modèle de tourisme communautaire responsable.

San Juan 4San Juan, la rue qui descend vers le quai. Au premier plan, les bureaux d’Ati’t Ala’