Durant les derniers jours, j’ai eu la « chance » de vivre une expérience que plusieurs ne voudront jamais vivre en stage international; être admis à l’hôpital en raison de maladie. Et oui, depuis la dernière semaine, mon corps est en train de combattre une vilaine bactérie qui m’a pris comme victime. Au début, je croyais être en mesure de m’en débarrasser tout seul, question de me reposer, manger et boire de l’eau. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Après quelques jours, passés à la maison et au bureau (et oui, j’allais quand même travailler, contre les conseils de tous mes collègues), j’ai senti mon corps perdre toute son énergie. La combinaison de vomissements, diarrhée, fièvre, etc. (désolé pour les détails), avait complètement épuisé mon système et m’avait donné l’allure d’un mort-vivant. La déshydratation qui a suivi m’a obligé de prendre ma situation au sérieux et d’aller faire une visite à la clinique. Heureusement, après ma visite à la clinique, qui fut caractérisée par l’utilisation d’une intraveineuse et d’une prescription assez impressionnante d’antibiotiques, je commençais à prendre du mieux.

Cependant, mon point dans tout ceci n’est pas de raconter ma mésaventure, mais plutôt de démontrer l’inégalité qui est présente dans des situations comme la mienne. Pour ma situation, j’ai vite été soigné et j’ai reçu les médicaments nécessaires pour me rétablir. Tout cela, suivi par une facture équivalente à environ 72$ canadien. L’inégalité présente ici est que la majorité des gens locaux n’ont pas accès aux services de santé privée, comme moi j’ai eu la chance. Les coûts associés à ceux-ci s’avèrent à être trop dispendieux. Ces gens se retrouvent donc à affronter leurs infections, sans aucune aide médicale professionnelle. C’est pour ces raisons que plusieurs d’entre eux n’arrivent pas à surmonter leur infection et s’éteignent par la suite. Certes, il existe quelques hôpitaux gérés par le gouvernement et qui ne coûtent pas autant que les cliniques privées. Cependant, ceux-ci n’ont pas ni le matériel ni le personnel nécessaire pour être en mesure de répondre aux besoins des citoyens. Donc, la plupart des gens qui vont à ces hôpitaux ne reçoivent pas l’aide médicale dont ils en ont besoin. Je suis content d’avoir pris du mieux et de ne plus être dans la condition que j’étais durant ces derniers jours. Mais, je suis aussi triste. Une tristesse qui m’envahit quand je réalise que l’argent ici fait littéralement la différence entre la vie ou la mort. Une inégalité à laquelle j’étais plus ou moins au courant auparavant, mais que je n’avais jamais vécue et comprise d’une manière personnelle. Une question troublante se pose dans ma tête :  pourquoi est-ce que je mérite cette aide médicale et quelqu’un d’autre se la voit refusée? Ne sommes-nous pas tous de frères et de sœurs dans ce monde? Comment la vie d’une personne devient-elle plus importante que celle d’une autre? Des questions qui sont souvent suivies d’une réponse que je déteste au plus profond de moi: l’argent.