Bonjour à tous. Je vous propose aujourd’hui un peu d’information sur mon travail de volontaire au Sénégal, celui de mes collègues et sur la mission du programme Uniterra dans sa troisième phase.

Le programme Uniterra en est un de renforcement des capacités qui se traduit par l’envoi de coopérants volontaires dans quatorze pays participants, notamment le Sénégal. Il est piloté par le Centre d’étude et de coopération internationale (CECI), en collaboration avec l’Entraide universitaire du Canada (EUMC). Les volontaires qui y participent contribuent au renforcement des capacités des organisations partenaires dont un bon nombre œuvrent dans plusieurs sous-secteurs agricoles.

Durant la troisième phase du programme, le CECI et l’EUMC veulent apporter un appui plus efficace et favoriser un développement économique plus durable en s’appuyant sur les capacités des acteurs économiques locaux à agir sur les systèmes de marchés en faveur des femmes et des jeunes défavorisés.

Pour ce faire, il est indispensable d’analyser ces systèmes au sein des principales spéculations agricoles porteuses. Au bureau de Dakar, deux coopérants volontaires Innocent Edang Bekolo et Dado Balde ont été mandatés pour mener des études de marché visant une plus grande inclusion des femmes et des jeunes dans les chaînes de valeur de quatre spéculations agricoles, soit la riziculture et la culture de l’arachide, pour monsieur Bekolo et la culture de l’oignon ainsi que l’aviculture en ce qui concerne madame Balde.

L’orientation stratégique vers les femmes et les jeunes repose sur le fait que ces couches, pourtant les plus nombreuses – les femmes représentent plus de 50 % de la population et plus de 60 % est constituée de jeunes de 15 à 35 ans – sont aussi les plus défavorisées (chômage endémique, pauvreté chronique). Il importe, pour le programme Uniterra, de comprendre la place actuelle des femmes et des jeunes dans ces chaînes de valeur, d’identifier les barrières de marché auxquelles elles et ils font face et de déterminer les actions à entreprendre pour leur permettre de surmonter ces obstacles.

Un atelier sur la filière riz

Peu après mon arrivée, j’ai eu le plaisir de participer à un atelier dans la belle ville de Saint-Louis. Mon collègue Innocent Edang Bekolo animait cet rencontre qui portait sur la filière riz et s’inscrivait parfaitement dans cette optique d’insertion des femmes et des jeunes dans les systèmes de marché. L’atelier rassemblait une vingtaine d’intervenants et tous les maillons de la chaîne de valeur y étaient représentés : production, transformation, distribution et commercialisation.

St-Louis 23

Pour illustrer cet atelier, j’ai interrogé quelques participantes et participants.

Chargée de programme en égalité de droits entre les femmes et les hommes pour l’Afrique de l’Ouest, madame Mariame Coulibaly vient également en appui au renforcement du pouvoir économique des femmes et à l’équipe pays du CECI, au Sénégal, en tant que chargée de programme sectoriel. Dans cette courte vidéo, elle nous parle du contexte général de cet atelier. Elle nous situe le contexte de cet atelier.

Monsieur Ibrahima Ly, coordonnateur de la Plateforme des initiatives du bord (PINORD) accueillait l’Atelier sur l’intégration des femmes et des jeunes aux différents maillons de la chaîne de valeur dans la production du riz au Sénégal, dans les locaux de son organisation. Soulignons que PINORD fédère 6 organisations paysannes intervenant au nord du Sénégal, depuis Louga jusqu’à Matam. Monsieur Ly nous dit pourquoi il s’est fait un plaisir d’accueillir cet atelier.

Monsieur Alioune Mbodj, un jeune riziculteur membre de l’Association des riziers du nord du Sénégal et responsable administratif et financier d’un groupement d’intérêt économique et financier (GIE) dont l’équivalent québécois serait une entreprise d’économie sociale. Il nous parle de l’importance d’une bonne formation des producteurs de riz.

Madame Cissé Penda Gueye, présidente de la Fédération des associations et groupements des femmes productrices du delta et de la vallée du fleuve Sénégal, une spécialiste de la production de semences de riz, participait à l’atelier. Elle plaide la cause des femmes et des jeunes.

Monsieur Ousmane Ka, économiste de formation, est le jeune coordonnateur de la Fédération des périmètres autogérés du Sénégal. Il s’est dit très confiant qu’au terme de cet atelier « on ait un plan sectoriel qui nous permette d’améliorer les conditions de vie socioéconomiques de nos membres (…) en particulier ceux qui sont les plus vulnérables, c’est-à-dire les jeunes et les femmes. » Voici ce que nous dit monsieur Ka.

Un agent de la Direction régionale du développement rural (DRDR) représentant l’État dans le milieu, monsieur Mohamed Augustin Lalyre a loué la qualité du travail de recherche du volontaire Innocent Edang Bekolo « qui a abouti à la mise en place d’un plan d’action pour une meilleure inclusion des femmes et des jeunes dans la filière riz. » Propos de monsieur Lalyre.

Interrogé au terme de l’atelier, le volontaire Innocent Edang Bekolo, conseiller en chaîne de valeur et développement de système de marché à la direction du CECI au Sénégal a indiqué sa satisfaction et précisé que les deux objectifs poursuivis ont été pleinement atteints, soit d’une part la restitution de la recherche qu’il a réalisée et, d’autre part, l’élaboration d’un cadre sous-sectoriel comprenant les bases de la planification pour le travail futur entre le CECI et ses partenaires dans le programme Uniterra. Pour mon collègue, les objectifs sont atteints.

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